Lundi 6 août 2012 1 06 /08 /Août /2012 12:00

 

Je vous ai déjà parlé de @BlackMagicZurgo qui officie sur Twitter. Comme nous passons un temps certain à échanger des tweets, je lui ai proposé de venir parler un peu ici. Je n'impose jamais de sujet aux hommes qui écrivent dans cette rubrique et j'aime bien voir ce qu'ils ont à dire.

Cette fois-ci, j'en conclue que @BlackMagicZurgo et moi même ne seront jamais amis sur Facebook. Je lui laisse vous expliquer pourquoi.

 

Raoul

 

Facebook / Raoul

 

Remarque liminaire : le point de vue développé ci-dessous est volontairement généraliste. Les comportements traités ici ne reflètent en aucun cas l'intégralité de la population féminine. Voilà qui méritait d'être précisé.

 

L'Éternel Féminin, dans sa majorité, adore Facebook. Pas nécessairement pour les vidéos de chats fous, pour la pertinence des posts ou pour les galeries photo de tel ou telle. Pas nécessairement non plus pour rester en contact avec ses amis / parents / collègues etc..

Non.

Pour l'Éternel Féminin, l'intérêt est ailleurs. 

L'information. Là réside l'intérêt. Savoir. Être au courant. Connaître. Se tenir au jus. Être informée.

 

 

Car l'Éternel Féminin a BESOIN de savoir plein de choses sur ses proches, quel qu'en soit le sexe. L'Éternel Féminin est consommateur d'information. Et on trouve ainsi en première ligne le très fameux "situation amoureuse". Le roi des statuts. Le numero uno. Le plus intéressant. Le plus scruté. Le plus surveillé.

 

Et tout le monde y passe. Ami(e)s, parents, relations professionnelles, relations potentielles. Personne n'y échappe. Il est quasi-impossible de le modifier sans que cela soit noté, analysé, pesé, interprété.

 

Dans l'esprit de l'Éternel Féminin, l'observation de ce statut, l'appréciation du graphe social Facebook (Open Graph), couplée à une analyse croisée (stalking) peut vite se transformer en un formidable outil de cartographie des relations et statuts amoureux de sa communauté. Ce qui permet assez vite de répondre à ces angoissantes questions qui ne cessent de tarauder les belles :

 

1/ qui, parmi le sexe opposé, est célibataire ?

2/ qui, parmi le même sexe, est célibataire ?

3/ qui, quel que soit le sexe, a récemment changé de statut ?

4/ qui est en relation avec qui ?

5/ qui couche avec qui (et sans que je le sache, grrr !)

 

Passons-les rapidement en revue.

 

Le premier point : "qui, parmi le sexe opposé, est célibataire ?" est primordial. Une telle information peut être utile de façon directe (l'Éternel est célibataire et ça ne fait pas de mal de savoir qui est sur le marché) comme indirecte (l'Éternel aime jouer les marieuses, et savoir que Pierre-Kevin est célibataire peut intéresser Jeanne-Cindy qui l'est aussi).

 

Le deuxième point : "qui, parmi le même sexe, est célibataire ?"  est tout aussi primordial. Car une célibataire peut être une menace potentielle à surveiller, quel que soit le statut d'engagement de l'Éternel.

 

Le troisième point : "qui, quel que soit le sexe, a récemment changé de statut ?" est intéressant. Il permet d'identifier très rapidement les récentes ruptures/idylles. Ce qui peut permettre de rayer une intrigante de la liste des menaces, ou de s'apercevoir que

Pierre-Kevin a enfin rompu avec cette idiote de Jeanne-Cindy. Autant vous le dire : cru-cial.

 

Le quatrième point : "qui est en relation avec qui ?" est un joli moteur de la jalousie ordinaire. Rendez-vous compte : ce mufle de Pierre-Kevin échange plus ou moins discrètement avec cette poufiasse de Marie-Vanessa, et il a osé aimer (liker) la photo où elle figure en maillot de bain (alors que ce n'est qu'une petite allumeuse, merde, et puis d'ailleurs elle a bien grossi). Scandaleux.

 

Le cinquième point : "qui couche avec qui ?".. bon, ai-je simplement besoin d'en parler ? L'Éternel Féminin SE DOIT de savoir ce genre de chose. Même s'il est probablement déjà au courant de tout ce qui tourne autour des relations personnelles entre l'un et l'autre, il y a toujours des doutes, des zones d'ombre, des possibilités, des potentialités. Descendant quasi-direct du quatrième point, ce cinquième permet de lancer quelques gentilles piques à Anne-Kimberley, par exemple : "tu crois que je n'ai pas compris que tu couches en douce avec Adolf-Jonathan, petite cachotière ?"

 

Et même si le statut "situation amoureuse" peut être masqué aux autres, le simple fait de le faire entraîne bien vite l'apparition de la suspicion. On ne montre pas, DONC on a FORCÉMENT quelque chose à cacher. Cela arrive déjà entre amis, alors quand il s'agit du conjoint(e), ça peut prendre des proportions bibliques. Dès lors, apparaissent de belles engueulades sur l'air du "tu as honte de nous" ou encore du "si tu ne le montres pas c'est que tu caches quelque chose" évoqué quelques lignes au-dessus.

 

En extrapolant quelque peu, on peut se dire nous ne sommes pas loin d'une sorte de dictature de la transparence.

 

Et c'est terrifiant.

 

Balayé, le droit fondamental à l'opacité (note : opacité n'est pas secret). A croire que le concept même de vie privée est de plus en plus battu en brèche, anéanti qu'il peut l'être par la curiosité maladive (voire même quasi-pathologique) de certaines.

 

Bref, un beau merdier.

 

Et encore, je vous l'ai faite rapide. On pourrait approfondir plus.

Parler du stalking, des faux profils, des amitiés brisées suite à un simple malentendu, un mot de travers, une interprétation malheureuse, etc.. mais ce n'est pas tant le sujet. Le sujet c'est comment un simple réseau social, à la base totalement neutre, peut se transformer en monstrueux outil de fliquage, et ce au sein même d'une communauté

de proches. Le côté pratique de tels réseaux est évident, mais il peut aussi mener certaines (et, soyons justes : certains aussi) à développer une curiosité qui sera dans le meilleur des cas gênante et invasive, et dans le pire carrément malsaine et compulsive. Chez certaines personnes on peut même postuler que nous ne sommes pas loin de la pathologie mentale, dès lors que des phénomènes tels que l'obsession entrent en jeu. Et ce qu'il peut y avoir de plus étonnant reste encore l'attitude de déni total qui est souvent opposé lorsque l'on souligne cet état de fait : "Bah quoi ? C'est normal, chéri. Tout le monde le fait, j'ai pas de problème".

 

Mmmh.. Pas de problème.. Really, darling ?

 

Alors, évidemment, ne généralisons pas. Il existe de millions d'Éternels Féminins qui se foutent totalement de ça. Elles savent gérer l'outil et prendre la distance nécessaire pour ne pas se faire dévorer. Il fallait le préciser (vous êtes les meilleures, les filles).

 

Quant à moi, j'ai choisi la simplicité et la cohérence. Je ne suis pas sur Facebook. Parce que je n'ai aucune envie de voir ma vie privée exposée, questionnée, tronçonnée, analysée. Parce qu'à mes yeux, tout cela est beaucoup plus vecteur d'engueulades (et j'en ai vécues, par procuration) que de progrès. Ça en surprend plus d'une. J'assume totalement. Pour savoir des choses à mon propos, rien de mieux que de poser la question devant un verre, ou décrocher son téléphone. C'est plus humain, et plus respectueux.

 

Mais quand bien même. Trois fois sur cinq, l'Éternel Féminin revient à la charge en me demandant, avec un clin d'oeil complice : "Alllez, Raoul, t'as bien un profil sous pseudo, n'est-ce pas, hein ? Une page cachée ? Alllllez, dis-moi."

Ma réponse est toujours la même : "non".

Et c'est la vérité.

Tout simplement.

Et tant pis si ça me fait rater des soirées. 

Par Lucie de Paola - Publié dans : Les hommes pensent que...
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